Écla Aquitaine
37 Rue des Terres Neuves,
33130 Bègles
Tel : 05 47 50 10 00

Contact > mma.contact@ecla.aquitaine.fr

Quelques repères stylistiques

A A A

La grisaille

La grisaille désigne une technique picturale qui met en œuvre un camaïeu de gris dont l’éventail s’étend du blanc au noir. On parle de demi-grisaille pour désigner une grisaille rehaussée de couleurs (rouge, bleu, vert) dans l’intention de parfaire le modelé et de rendre les chairs, les cheveux, les vêtements, les fonds… Son usage couvre l’ensemble de la production picturale (peinture murale, enluminure, vitrail).
Elle apparaît dans les fresques de Giotto au début du XIVe siècle puis, dans l’enluminure française, chez Jean Pucelle, vers 1325. Employée à plusieurs titres (parti pris d’austérité religieuse, expression privilégiée du trompe-l’œil, jeux de volumes et de lumière) au gré des commandes dans la peinture monumentale, elle trouve dans l’enluminure un lieu d’épanouissement pour elle-même. Les enlumineurs l’y traitent comme un choix plastique et esthétique à part entière. Très appréciée dans les manuscrits luxueux parisiens jusque dans les années 1380, la grisaille disparaît ensuite. Elle réapparaît à partir de 1460 dans les prestigieux manuscrits exécutés pour la cour de Bourgogne. En Aquitaine, les peintures murales du château d’Aren sont un exemple de l’emploi tardif de la grisaille dans la peinture monumentale.
Contrairement aux six miniatures de la collection Marcadé, rehaussées d’or, les illustrations du Livre de la Chasse de Gaston Fébus conservé à la Bibliothèque du château de Pau ne reflètent pas exactement la réalité de la grisaille telle que décrite ci-dessus. Il s’agit davantage de dessins que de peintures. Pour autant, on les qualifiera de grisailles, dans une acception plus large du terme.

Albums

ms6529_Pau

Bibliographie

Portail des manuscrits enluminés des bibliothèques de France (http://www.manuscritsenlumines.fr

Exposition BnF « Trésors carolingiens » : http://expositions.bnf.fr/carolingiens/arret/05.htm 

AVRIL François, L’enluminure à la cour de France au XIVe siècle, Paris, 1978 

AVRIL François, « Les manuscrits du Xe au milieu du XIIe siècle », in La France romane : au temps des premiers Capétiens (987-1152). Paris, musée du Louvre, 10 mars – 6 juin 2005, Paris, Hazan – Musée du Louvre, 2005, p. 39-43 

DALARUN Jacques (Dir.), Le Moyen Âge en lumière. Manuscrits enluminés des bibliothèques de France, Paris, Fayard, 2002 

FRAÏSSE Chantal, « Quelques observations sur le scriptorium de Moissac au début du XIIe siècle », in Mémoires de la Soc. Arch. du Midi de la France, t. 62, Toulouse, SAMF, 2002, p. 29-50 http://www.societes-savantes-toulouse.asso.fr/samf/memoires/t_62/29-50FRA.PDF 

GABORIT-CHOPIN Danielle (Dir.), La France romane au temps des premiers Capétiens (987-1152). Paris, musée du Louvre, 10 mars-6juin 2005, Paris, Hazan/Musée du Louvre Editions, 2005 

Collectif, Histoire et images médiévales : Les arts de la couleur, Thématique n°16, Février-Avril 2009

PÄCHT Otto, L’enluminure médiévale. Une introduction, Paris, Macula, 1997 

WIRTH Jean (Dir.), Les marges à drôleries des manuscrits gothiques (1250-1350), Paris, École des Chartes, Matériaux pour l’histoire, 7, 2008