Écla Aquitaine
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Quelques repères stylistiques

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Encadrements et fonds

Les miniatures de l’époque romane présentent des cadres aux bordures rectangulaires peintes ou dorées et d’épaisseurs variables. Les scènes qui s’y jouent se déroulent sur un arrière-plan abstrait (bandes colorées, etc.) ou limité à quelques motifs et aplats colorés symbolisant le ciel ou la terre par exemple. Les personnages cernés de noir se détachent de ces fonds par contrastes colorés. Il arrive aussi, dans le cas de figures autonomes ou associées à des initiales, que ces personnages, souvent tirés de l’Ancien Testament, apparaissent sans cadre et pour seul arrière-plan le parchemin lui-même.
Ce type de compositions croît en nombre et en dimensions au cours du XIIIe siècle. Mais, il faut attendre la seconde moitié du siècle pour observer un renouvellement profond des miniatures, à la suite des manuscrits prestigieux parisiens, au premier rang desquels le Psautier de saint Louis, qui marque l’entrée de la peinture de manuscrits dans le gothique international. Dès lors, les figures élégantes s’animent dans des cadres rectangulaires dorés qui abritent des architectures gothiques stéréotypées. Les fonds eux-aussi sont dorés ou constitués d’aplats colorés sombres, chargés de motifs abstraits (entrelacs, treillis, carreaux, formes géométriques) plus clairs ou dorés.
Si les encadrements architecturaux stylisés disparaissent, le type de composition sur fond écran se perpétue tout au long du XIVe siècle. Ces fonds interdisent toute contextualisation ou localisation précise. Ce sont donc alors les détails du costume, les attitudes, les attributs et les architectures qui participent à resituer dans le quotidien des lecteurs des scènes souvent issues d’épisodes de l’Antiquité. Dans la seconde moitié du XIVe siècle, un type bien particulier d’encadrement permet de reconnaître aisément les productions issues des ateliers parisiens. Il s’agit du listel quadrilobé et tricolore (bleu, blanc, rouge) que l’on trouve dans les Décades de Tite-Live.
Dans la seconde moitié du XIVe siècle, la miniature italienne emploie des types de composition similaires, à ceci près qu’elle introduit la représentation de la profondeur et des tentatives de perspective. Les scènes et les attitudes sont moins stéréotypées et les physionomies plus épaisses qu’auparavant. On retrouve les mêmes caractéristiques dans certains manuscrits français de la fin du XIVe siècle, puis dans la première moitié du XVe siècle.
À partir du milieu du XVe siècle, l’influence naturaliste de la peinture flamande se généralise et imprègne la production française. Les fonds écran disparaissent au profit de paysages lointains ou d’intérieurs dans lesquels la profondeur et la perspective se font plus réalistes. Des architectures souvent simplifiées mais représentées en perspective cavalière se dressent dans des paysages idylliques ou dans des représentations urbaines. Petit à petit le vocabulaire architectural issu de la Renaissance italienne pénètre ces images, notamment dans les encadrements et les bordures.

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Bibliographie

Portail des manuscrits enluminés des bibliothèques de France (http://www.manuscritsenlumines.fr

Exposition BnF « Trésors carolingiens » : http://expositions.bnf.fr/carolingiens/arret/05.htm 

AVRIL François, L’enluminure à la cour de France au XIVe siècle, Paris, 1978 

AVRIL François, « Les manuscrits du Xe au milieu du XIIe siècle », in La France romane : au temps des premiers Capétiens (987-1152). Paris, musée du Louvre, 10 mars – 6 juin 2005, Paris, Hazan – Musée du Louvre, 2005, p. 39-43 

DALARUN Jacques (Dir.), Le Moyen Âge en lumière. Manuscrits enluminés des bibliothèques de France, Paris, Fayard, 2002 

FRAÏSSE Chantal, « Quelques observations sur le scriptorium de Moissac au début du XIIe siècle », in Mémoires de la Soc. Arch. du Midi de la France, t. 62, Toulouse, SAMF, 2002, p. 29-50 http://www.societes-savantes-toulouse.asso.fr/samf/memoires/t_62/29-50FRA.PDF 

GABORIT-CHOPIN Danielle (Dir.), La France romane au temps des premiers Capétiens (987-1152). Paris, musée du Louvre, 10 mars-6juin 2005, Paris, Hazan/Musée du Louvre Editions, 2005 

Collectif, Histoire et images médiévales : Les arts de la couleur, Thématique n°16, Février-Avril 2009

PÄCHT Otto, L’enluminure médiévale. Une introduction, Paris, Macula, 1997 

WIRTH Jean (Dir.), Les marges à drôleries des manuscrits gothiques (1250-1350), Paris, École des Chartes, Matériaux pour l’histoire, 7, 2008