Écla Aquitaine
37 Rue des Terres Neuves,
33130 Bègles
Tel : 05 47 50 10 00

Contact > mma.contact@ecla.aquitaine.fr

Quelques repères stylistiques

A A A

La graphie latine

Le texte est présent sous toutes ses espèces dans les manuscrits médiévaux. Dans les plus prestigieux, il se dispose régulièrement selon la réglure et dans une graphie dite « livresque », régulière. Ailleurs, dans les actes, les chartes, les lettres, etc. il file en cursive. Hormis ces différenciations, liées à la typologie des manuscrits, il est possible de suivre l’évolution chronologique des écritures en se fondant sur la typologie de leur graphie, sur leurs formes. Ainsi, la minuscule caroline du VIIIe siècle diffère-t-elle clairement de la gothique du XIIIe siècle ou de l’humanistique du XVe siècle.
À ces graphies et à leurs nombreuses variantes s’ajoutent celles des manuscrits rédigés en langues arabes, grecques, hébraïques, dont les alphabets portent leurs propres esthétiques, leurs propres graphies.


Le haut Moyen Âge et l’époque romane

Des écritures en usage dans l’Antiquité et dans les premiers siècles du Moyen Âge, seules la capitale et l’onciale ont survécu dans les manuscrits postérieurs à la Renaissance carolingienne ; ces écritures ont alors occupé une place restreinte mais de premier ordre dans les textes. Ainsi, dans les manuscrit carolingiens et postérieurs, l’emploi de la capitale carrée, de la capitale rustique, au module allongé verticalement, et de l’onciale, à la flexibilité curviligne, est réservé aux titres.
La cursive, écriture rapide, est réservée à la rédaction courante encore au VIIe siècle. Très appréciée, elle finit par gagner l’ensemble de la production écrite, avant d’être balayée par la minuscule caroline, qui marque l’entrée dans les écritures médiévales proprement dites. Elle apparaît vers 800 et est vouée rapidement à une grande fortune. Nette, régulière et souple, elle bénéficie de l’essor de la copie de manuscrits impulsée par la Renaissance carolingienne pour gagner l’ensemble de la production.
La caroline devient en quelque sorte l’écriture officielle de l’empire franc, supplantant ainsi dans un premier temps toutes les autres écritures en usage sur le territoire, puis, dans le courant des XIIe et XIIIe siècles, l’ensemble des écritures à travers l’Europe. Elle est caractérisée par un corps prolongé, selon les lettres, en haut par des hastes (b, d, h…), en bas par des queues (g, p, q…).

L’époque gothique

Le format très stable de la caroline, évolue à partir du XIe siècle, pour donner lentement naissance à la gothique, qui la supplante et atteint sa maturité dans la seconde moitié du XIIIe siècle. Elle perdure jusqu’à l’invention de l’imprimerie et même au-delà. La gothique comprend deux grands types : la gothique brisée (caractérisée par une rigidité anguleuse et des excroissances) et la gothique ronde (plus ample et arrondie).

Mais, ces deux formes canoniques, que l’on désigne aussi sous le terme de textura, concernent essentiellement les manuscrits religieux. Pour le reste, le foisonnement et la diversité de la production de manuscrits à l’époque gothique engendrent une prolifération de variétés d’écritures gothiques plus ou moins simplifiées et destinées à une rédaction rapide, pour les actes juridique, la chancellerie, les lettres...

 Il convient mieux dès lors d’employer le pluriel pour évoquer la calligraphique gothique. Les extrémités des jambages et les hastes sont en général simplifiées, tandis que la hampe des F et des S se prolonge au dessous de la ligne d’écriture. La queue du D et les hastes des B, H, L ont tendance à former une boucle. On observe également un penchant pour l’inclinaison. Finalement, ces modulations aboutissent à la formation d’un nouveau canon calligraphique, lui-même abâtardi en de nombreux sous-types, etc. Certaines formes raffinées sont élaborées pour les ouvrages profanes des princes, à l’image de la bâtarde bourguignonne. Ainsi, la gothique, dans l’ensemble de ses variantes, règne sur la majeure partie de l’écrit (manuscrits liturgiques, textes universitaires, littératures vulgaires).

Puis, à Florence (Italie), au début du XVe siècle, naît une nouvelle écriture dite humanistique, inspirée aux humanistes italiens par la lisibilité de la graphie des manuscrits des XIIe et XIIIe siècles. L’humanistique devient l’écriture privilégiée des copies de textes antiques et des textes contemporains qui s’en inspirent. Ces manuscrits rompent rapidement avec la tradition gothique. Ce modèle se diffuse depuis Florence et Rome et va jusqu’à servir de modèle au caractère romain de l’imprimerie. L’humanistique cursive, apparue en Italie dans le second quart du XVe siècle pour un sage courant, donne naissance, quant à elle, à l’italique des imprimeurs.

Notices

Cartularium comitatus Bigorrae Cartulaire de Bigorre
Notice manuscrit
Silvae Majoris abbatiae Chartularium majus Cartulaire de l'abbaye Notre-Dame de la Sauve-Majeure, volume II
Notice manuscrit
Tractatus de perspectiva pingendi Traité de la perspective en peinture
Notice manuscrit
Francesca, Piero della (1416?-1492)
Instruction de M. de Caumont à ses enfants
Notice manuscrit
Caumont, Samazan, Gontaud, Castelnau, Berbiguères et de Montpouillan, Guilhem-Raymond II Seigneur de (1385-1426)
Libelli de ordine judiciorum et jure civili Traité de droit civil
Notice manuscrit
Beneventanus, Roffredus (1170?-1243?)
Ms 0003 Périgueux - F°3r : Lettrine
Notice iconographique
Caumont, Samazan, Gontaud, Castelnau, Berbiguères et de Montpouillan, Guilhem-Raymond II Seigneur de (1385-1426)
Ms 0006 Périgueux - F° 178 : Mise à feu retardée d'un canon
Notice iconographique
Constantynois, Alain (....-....)
Ms 0055 Bordeaux - F°54v et 55 : Lettrines
Notice iconographique
Ms 0270 Bordeaux - F°11v et 12 : Lettrine
Notice iconographique
Lauzière, Armand de (....-....)
Ms 301 Bordeaux - F°1 : Lettrine ; Décor végétal
Notice iconographique
Voragine, Jacques de (1228?-1298)
Ms 0352 Bordeaux - F°25v et 26 : Motifs arabisants
Notice iconographique
Ms 1001 Bordeaux - F°1 : Lettrine
Notice iconographique
Cyzique, Gélase de (....-....) / Athanase (saint ; 0295?-0373)
Ms G3229 Bordeaux : Lettrines bleues et rouges
Notice iconographique

Albums

ms0042_Agen
msAA01_Libourne
ms1AA1_Oloron-Sainte-Marie
G3229_AD33
G902_AD33
inc0194_Bordeaux
ms0001-1_Bordeaux
ms0001-2_Bordeaux
ms0355-1_Bordeaux
ms0355-2_Bordeaux
ms0355-3_Bordeaux
ms0616_Bordeaux
ms1130_Bordeaux
ms0003_Périgueux

Bibliographie

Exposition BnF, « L’aventure des écritures » : http://classes.bnf.fr/ecritures/index.htm 

AUDISIO Gabriel et BONNOT-RAMBAUD Isabelle, Lire le français d’hier : Manuel de paléographie moderne (XVe-XVIIIe siècle), Paris, A. Colin, Collection U, série Histoire moderne, 1991 

BISCHOFF Bernhard, Paléographie de l’Antiquité romaine et du Moyen Âge occidental, Paris, Picard, Grands Manuels, 1985 

STIENNON Jacques, Paléographie du Moyen Âge, Paris, A. Colin, Collection U, série Histoire médiévale, 1991