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Les œuvres de l'esprit

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La chirurgie et la médecine

La chirurgie

Le chirurgien médiéval est un barbier plus ou moins spécialisé dans les interventions manuelles que le médecin n’a pas le droit de pratiquer : pansements, saignées, incisions, ablations. On a recours à lui quotidiennement pour le traitement des plaies, tumeurs et autres ulcères, des luxations et des fractures. Il opère avec la lancette, le fer rouge, la canule et le drain.

Technicien de la médecine, le chirurgien est un praticien populaire, qui parvient à soulager efficacement et à moindre coût. Cette situation favorable lui vaut d’être ostracisé par le corps médical, pour qui cet art inférieur ne peut intégrer l’Université.

À partir du XIIIe siècle, la spécialisation des chirurgiens vis-à-vis des simples barbiers se fait plus marquante. Au XIVe siècle, ils sont en capacité d’enlever les polypes des fosses nasales, ils savent suturer les tendons, opérer les fistules et trépaner. Tant et si bien qu’à partir de 1436, l’accès à l’université leur est concédé.
Plusieurs traités portent strictement sur la chirurgie. La production manuscrite comprend également quelques ouvrages pratiques et d’autres portant sur l’hygiène et sur des recettes pharmaceutiques.


La médecine

Son enseignement est particulièrement réputé Salerne et à Montpellier, dès le XIIe siècle. Arnaud de Villeneuve, médecin des papes Boniface VIII, Benoît XI et Clément V, y enseigne à la fin du XIIIe siècle ; il y compose son Miroir des introductions médicinales, qui emprunte beaucoup aux médecines grecque et arabe. L’enseignement de la médecine repose sur l’autorité d’Hippocrate et de Galien (anatomie). Beaucoup de traités en constituent le commentaire ou l’adaptation. Avicenne est également commenté.
Bien que l’exercice de la médecine repose sur l’obtention préalable de diplômes universitaires dans la discipline, beaucoup de médecins exercent après quelques années d’études seulement. Considéré comme clerc, le médecin est astreint au célibat, jusqu’au XVe siècle. Dans la pratique, il consulte, examine les urines, juge de l’état des humeurs (sang, mucosités et bile). Il s’assure couramment de l’état du ciel, de la lune et du zodiaque, chaque signe étant lié à une partie du corps (Lion au cœur, Bélier à la tête…). Il touche seulement le malade pour lui prendre le pouls. Partant, il prescrit soins (essentiellement à caractère diététique) et médicaments, qu’il procure aux malades, se fournissant lui-même chez l’apothicaire. La médecine médiévale ignore tout du rôle du cœur et de la circulation sanguine.
Les malades appartenant aux couches supérieures de la société font plus souvent appel aux médecins, dont ils apprécient les compétences en astrologie. Les malades du peuple, quant à eux, vont plus volontiers consulter le chirurgien que le médecin, pour être soulagé immédiatement par une saignée ou une purge. Ils se rendent chez l’épicier et l’apothicaire pour se fournir en remèdes et drogues usuelles ; les médicaments sont généralement composés de plantes et leur administration repose, contrairement au régime alimentaire prescrit pour une personne saine, sur une opposition du médicament avec l’humeur.

L’alimentation quotidienne recommandée aux individus sains vise à maintenir équilibré leur tempérament, leurs humeurs (sanguin, colérique, mélancolique, flegmatique). Aux sanguins conviennent les aliments chauds et humides (pain de froment, volaille, vin pur…), aux mélancoliques les fèves et la viande de porc. Les saisons influent sur ce système de correspondances : les épices très vivement échauffantes sont à proscrire en été. L’âge du patient est un autre facteur à prendre en compte, la chaleur vitale déclinant au fil de la vieillesse, de même que la préparation des aliments : le gibier d’eau, humide et froid comme l’eau où il vit, est asséché si on le fait rôtir et qu’on l’accompagne d’épices chaudes et sèches.

Notices

Dialogus inter Pyladem et Orestem ; etc. Dialogue entre Pylade et Oreste ; etc.
Notice manuscrit

Bibliographie

ABDEL-MALEK Anouar, Histoire de la philosophie : du 1er siècle au XVe siècle. T. II ? La philosophie médiévale, Paris, Hachette Littératures, Pluriel, 981, 1999

TILANDER Gunnar, Gaston-Fébus : Livre de Chasse, Karlsham, 1971

BREHIER Emile, Histoire de la philosophie, Paris, P. U. F., Quadrige, 2012

FLASCH Kurt, Introduction à la philosophie médiévale, Paris, Flammarion, Champs, 419, 1998

LIBERA Alain de, La philosophie médiévale, Paris, P. U. F., Que sais-je ?, 2010

RIBEMONT Bernard, Le Moyen Âge et la science : Approche de quelques disciplines et personnalités scientifiques médiévales. Colloque, Orléans, 22-23 avril 1998, Paris, Klincksieck, Sapience, 4, 1991

TATON René, La science antique et médiévale : des origines à 1450, Paris, P. U. F., Histoire générale des sciences, 1, Quadrige, 173, 1994