Écla Aquitaine
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Les œuvres de l'esprit

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L'alchimie

L’alchimie est la discipline qui recouvre l’ensemble des questions liées aux mutations des corps naturels. L’alliage des métaux et la transmutation des métaux vils en métaux précieux sont certainement les plus célèbres de ces questions, mais l’alchimie traite également par exemple de la fabrication des remèdes. À la fin du XIIIe siècle, le médecin Arnaud de Villeneuve unit dans un même ouvrage (le Rosaire) la médecine et l’alchimie, l’étude des corps vivants et celle des matières inertes. À côté d’autres pratiques, l’alchimie est perçue comme une étude fondamentale de l’univers, comme une science purement philosophique, propre à enrichir chacun sur les réflexions de son art.

C’est ainsi que, depuis le XIIe siècle, les philosophes eux-mêmes comptent parmi les alchimistes, dans le sens où ils étudient les structures profondes de la nature. La théorie d’Aristote des quatre éléments influence elle-même profondément l’alchimie : si tout corps est composé de terre, d’eau, d’air et de feu, alors il n’est que de modifier leu combinaison pour changer la nature des corps.

Les théologiens aussi s’intéressent à l’alchimie. Albert le Grand estime que l’on doit pouvoir produire des métaux artificiels presque semblables aux métaux naturels. Thomas d’Aquin tient l’alchimie pour un art raisonnable et difficile.
Les alchimistes de la fin du Moyen Âge ont compilé les travaux de leurs prédécesseurs qui constituent les fondements de leurs réflexions. C’est alors qu’ils se sont souvent focalisés sur la recherche de la pierre philosophale et ont introduit la pratique de formules cabalistiques et d’un vocabulaire crypté. Le but recherché semble avoir été d’exclure les non initiés de la pratique de cette science. La recherche de la pierre philosophale et plus largement de la transmutation des métaux vils en métaux précieux, est déjà connue au VIIIe siècle à Bagdad. Mais, les démonstrations d’Avicenne qui en expliquaient l’impossibilité n’ont pas découragé les alchimistes de la fin du Moyen Âge. Le contexte économique les encourageait au contraire à pousser plus avant leurs investigations, alors même que les ressources disponibles en métaux précieux en Europe semblaient insuffisantes pour répondre aux besoins de l’économie.

Notices

Traité d'alchimie, de médecine et d'astronomie
Notice manuscrit
Roquetaillade, Jean de (1310?-1366?) / Paganica, Nicolas de (....-....) / Villeneuve, Arnaud de (1238-1311?)
Recueil de recettes d'alchimie, de pharmacopée et de médecine
Notice manuscrit
Ms 0530 Bordeaux - F°3v et 4 : Lettrine
Notice iconographique
Lulle, Raymond (1233?-1315)

Bibliographie

ABDEL-MALEK Anouar, Histoire de la philosophie : du 1er siècle au XVe siècle. T. II ? La philosophie médiévale, Paris, Hachette Littératures, Pluriel, 981, 1999

TILANDER Gunnar, Gaston-Fébus : Livre de Chasse, Karlsham, 1971

BREHIER Emile, Histoire de la philosophie, Paris, P. U. F., Quadrige, 2012

FLASCH Kurt, Introduction à la philosophie médiévale, Paris, Flammarion, Champs, 419, 1998

LIBERA Alain de, La philosophie médiévale, Paris, P. U. F., Que sais-je ?, 2010

RIBEMONT Bernard, Le Moyen Âge et la science : Approche de quelques disciplines et personnalités scientifiques médiévales. Colloque, Orléans, 22-23 avril 1998, Paris, Klincksieck, Sapience, 4, 1991

TATON René, La science antique et médiévale : des origines à 1450, Paris, P. U. F., Histoire générale des sciences, 1, Quadrige, 173, 1994