Écla Aquitaine
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Les œuvres de l'esprit

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La philosophie

Les sources gréco-latines

La philosophique médiévale a d’abord reposé sur l’étude des textes des autorités de l’Antiquité classique et des auteurs paléochrétiens. Ces œuvres étaient parvenues dans des traductions gréco-latines et arabo-latines. Outre l’étude stricte de ces sources de la tradition gréco-latine et leur transmission par l’enseignement, la philosophie médiévale se constitua aussi par l’établissement de commentaires de cette pensée.
L’œuvre d’Aristote constitue le cœur du corpus de la philosophie grecque transmise au Moyen Âge. La connaissance de son intégralité fut tardive ; jusqu’au milieu du XIIe siècle, on ne connaissait qu’une partie infime de l’œuvre logique (logica vetus : Catégories, De interpretatione, Isagoge de Porphyre, des parties de l’Organon). A la fin du XIIe siècle, de nouveaux éléments furent connus des philosophes occidentaux, qui vinrent compléter l’œuvre logique (logica nova). Rapidement, dès le début du XIIIe siècle, d’autres pans fondamentaux de la pensée aristotélicienne (la Physica, De anima, De Caelo, la Metaphysica, l’Ethique à Nicomaque) se firent jour dans des versions plus ou moins complètes et souvent discordantes. Ces textes parvinrent dans des traductions gréco-latines et arabo-latines. Aux textes anciens, s’ajoutait un corpus important d’écrits apocryphes.
Hormis Aristote, la philosophie antique est largement méconnue au Moyen Âge. Elle est, en outre, accessible essentiellement qu’au travers de sources intermédiaires. Le néoplatonisme n’est accessible qu’à partir du XIIIe siècle, dans des traductions latines de Proclus. Les trois grandes figures qui dominent le néoplatonisme chrétien sont saint Augustin, Boèce et Denys le pseudo-Aréopagite. La christianisation de la pensée gréco-latine passe également par l’intégration et la transmission de sa littérature didactique. Dans cette production qui vise à instruire, les arts libéraux tiennent une place primordiale et font autorité jusqu’à la fin du XIIe siècle. Il s’agit d’un groupe rassemblant les disciplines intellectuelles réputées fondamentales et réparties en deux sous-groupes : le trivium, qui regroupe les disciplines associées à l’art oratoire (grammaire, dialectique et rhétorique), le quadrivium, qui associe les disciplines mathématiques (arithmétique, musique, géométrie, astronomie). Ce programme avait survécu par l’intermédiaire du rhéteur Martianus Capella, au Ve siècle, dans ses Noces de Mercure et de la Philologie.


Les sources arabes et juives

La philosophie médiévale doit probablement autant aux pensées arabe et juive qu’à la tradition gréco-latine. Jusqu’au XIIIe siècle, elles fournirent à la philosophie occidentale des matériaux, des thèmes et des doctrines qui la renouvelèrent et la firent progresser.

La philosophie médiévale juive a rayonné sur le monde latin. Mais, les savants juifs ont aussi assuré, à travers l’Espagne, la première transition de la science aristotélicienne du monde islamique au monde chrétien. La tradition des écrits d’Aristote s’était perpétuée en Syrie et en Irak jusqu’au XIIe siècle, leur conservation ayant été assurée par le passage à l’arabe. Les grands penseurs médiévaux de l’Islam étaient ainsi devenus les mentors des chrétiens d’Occident. Avicenne (980-1037), Algazel (1058-1111) et Averroès (1126-1198) comptent parmi les principaux d’entre eux.
Averroès est ainsi réputé dès le Moyen Âge comme étant le grand interprète d’Aristote, son commentaire essentiel. Le corpus aristotélicien est, en effet, parvenu à l’Occident chrétien par le biais de sources transcrites en arabe et plus largement par des commentaires de ces sources. Des Commentaires (Petits, Moyens et Grands) rédigés par Averroès, tous n’ont pas été traduits en latin, mais l’essentiel en est parvenu. Les Grands Commentaires comptent parmi les textes les plus importants du Moyen Âge, qui furent les fondements de l’aristotélisme scolastique. Ils concernent les œuvres de logique, la Physique, De Caelo, De anima, la Métaphysique.


Les encyclopédies

Les principaux témoins de la christianisation de la didactique romaine sont les Institutiones saecularium litterarum de Cassiodore (v. 490-583) et les Etymologies d’Isidore de Séville (v. 560-636). Les premières constituent une encyclopédie du savoir profane, destinées à l’éducation monastique. Les secondes forment une somme du savoir antique qui servit de modèle à une abondante littérature encyclopédique jusqu’au XIIIe siècle, notamment le De Proprietatibus Rerum de Barthélemy l’Anglais et les Descriptions du monde d’Honorius d’Autun. Ces nouvelles sommes des connaissances humaines constituent essentiellement des compilations dérivant, en plus ou moins grandes proportions, des encyclopédies antérieures.

Notices

Opuscula Choix de textes
Notice manuscrit
Augustin (saint ; 0354-0430)
Compilatio de libris naturalibus Aristotelis, anon. Commentaire sur les Petits traités d'histoire naturelle d'Aristote
Notice manuscrit
Aristotelis opuscula, etc. Choix de textes d'Aristote ; etc.
Notice manuscrit
Conches, Guillaume de (1080?-1154?)
Ms 0113 Bordeaux - F°111 : Lettrine
Notice iconographique
Augustin (saint ; 0354-0430)
Ms 0115 Bordeaux - F°1 : Lettrine
Notice iconographique
Augustin (saint ; 0354-0430)
Ms 0414 Bordeaux - F°1 : Lettrine
Notice iconographique
L'Anglais, Barthélémy (12..-1272)
Ms 0418 Bordeaux - F°114v et 115 : Lettrine
Notice iconographique
Aristote (0384-0322 av. J.-C.)
Ms 0419 Bordeaux - F°22v et 23 : Dessins ; Lettrine
Notice iconographique
Pecham, Jean (1220?-1292) / Séville, Jean de (1090?-1150?) / Augustodunensis, Honorius (1080 ?-1154 ?)
Ms 0426 Bordeaux - F°1 : Lettrine
Notice iconographique
Averroès (1126-1198)
Ms 0709 Bordeaux - F°1 : Lettrines
Notice iconographique
Séville, Isidore de (saint ; 0560?-0636)
Ms 0421 Bordeaux - F°58v et 59 : Figures mathématiques
Notice iconographique
Aristote (0384-0322 av. J.-C.) / Crémone, Gérard de (1114-1187)

Bibliographie

ABDEL-MALEK Anouar, Histoire de la philosophie : du 1er siècle au XVe siècle. T. II ? La philosophie médiévale, Paris, Hachette Littératures, Pluriel, 981, 1999

TILANDER Gunnar, Gaston-Fébus : Livre de Chasse, Karlsham, 1971

BREHIER Emile, Histoire de la philosophie, Paris, P. U. F., Quadrige, 2012

FLASCH Kurt, Introduction à la philosophie médiévale, Paris, Flammarion, Champs, 419, 1998

LIBERA Alain de, La philosophie médiévale, Paris, P. U. F., Que sais-je ?, 2010

RIBEMONT Bernard, Le Moyen Âge et la science : Approche de quelques disciplines et personnalités scientifiques médiévales. Colloque, Orléans, 22-23 avril 1998, Paris, Klincksieck, Sapience, 4, 1991

TATON René, La science antique et médiévale : des origines à 1450, Paris, P. U. F., Histoire générale des sciences, 1, Quadrige, 173, 1994