Écla Aquitaine
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La société

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Le cadre de vie domestique


Au sein du catalogue, on ne possède que de rares témoignages du cadre de la vie domestique, autrement dit de la maison et de son mobilier. Les maisons y sont souvent traitées de façons stéréotypées, qui ne témoignent pas d’une réalité archéologique. Il s’agit de bâtiments assez élancés, présentant des façades étroites à pignon, percées de hautes portes et de petites fenêtres. Ce type architectural est aussi parfois employé pour représenter les églises (Marcadé 90). Il s’agit de l’image simplifiée du bâti dans sa plus large définition.
Il arrive même que la composition de l’image ou les codes iconographiques du moment, poussent les enlumineurs à réduire la demeure à sa plus simple expression : sa porte. Organe essentiel de la maison, elle est un lieu symbolique dans la pensée médiévale, marquant la propriété, le passage, l’ouverture double sur l’espace intérieur et sur celui de la société.
Il n’est pas aisé de comprendre l’organisation générale de la demeure à partir de ces exemples, ni même d’ailleurs à partir des quelques images plus précises. Tout au plus, peut-on deviner au nombre de fenêtres et à leurs formes recherchées, que les parties dévolues à la résidence et à l’apparat sont situées davantage à l’étage qu’au rez-de-chaussée, consacré quant à lui à l’artisanat, au stockage et au commerce. C’est ce que confirme, en partie, l’étude archéologique de la maison médiévale.
Hormis les trônes, réservés aux princes laïcs et de l’Eglise, qui sont représentés dans les scènes bibliques ou historiques, un élément du mobilier domestique ordinaire apparaît tout de même dans quelques vues intérieures de notre catalogue : le lit. Meuble de confort par excellence et par exclusive au Moyen Âge, il abrite le sommeil nocturne et certaines activités diurnes. Il sert en effet de lieu d’apparat d’où les puissants donnent audience et d’où les princes rendent justice. Il a, plus simplement et plus couramment, vocation de divan, de tapis de jeu, etc. Le lit conjugal est béni par le prêtre le soir des noces, avant que ne soit consommé le mariage. Toute personne en bonne santé, quelle que soit sa condition, y dort nue. C’est enfin le lieu de la mort : les gens du Moyen Âge meurent en grande majorité dans leur lit. On peut aussi y préparer sa mort, comme l’illustre une lettrine des Coutumes d’Agen (Ms 0042 Agen (F°55v)) ou s’y faire surprendre par elle (Ms 0730 Bordeaux (F°126v)). On y reçoit enfin les derniers honneurs (Imp 0509 Pau (F°28v)).
À partir du XIIe siècle, dans les demeures aisées, le lit est assorti d’un rideau coulissant sur une tringle, qui assure à la fois l’intimité de celui qui occupe le lit ainsi qu’une obscurité propice à son sommeil. Ce système se perfectionne au cours du temps, pour aboutir à des courtines, tentures qui encerclent le lit pour former une véritable chambre isolant le lit du reste de la pièce. Au XIVe siècle, l’ensemble est complété par un ciel, toit de tissu tendu au-dessus du lit. Ce dispositif ne cesse de se perfectionner jusqu’à aboutir au lit à baldaquin, vers 1490, dont les colonnes (quenouilles) disposées à chaque angle portent les différentes pièces de la tenture.

Notices

Ms 0730 Bordeaux - F°126v : Le tribun Pomponius menacé par Manlius Torquatus
Notice iconographique
Bersuire, Pierre (1290?-1362)

Albums

ms0042_Agen
ms1780_Bordeaux

Bibliographie

ALEXANDRE-BIDON Danièle, Au lit au Moyen Âge, Paris, Association des Amis de la tour Jean sans Peur, 2011 

ALEXANDRE-BIDON Danièle et LORCIN Marie-Thérèse, Le quotidien au temps des fabliaux : Textes, images, objets, Paris, Picard, Espaces médiévaux, 2003 

CONTAMINE Philippe, La vie quotidienne pendant la guerre de Cent Ans, France et Angleterre, Paris, Hachette, La vie quotidienne, 1976 

MANE Perrine, La vie dans les campagnes au Moyen Âge : à travers les calendriers, Paris, La Martinière, 2004 

FELLER Laurent, MANE Perrine, PIPONNIER Françoise, Le village médiéval et son environnement : études offertes à Jean-Marie Pesez, Paris, Publications de la Sorbonne, 1998