Manuscrits Médiévaux d’Aquitaine

http://manuscrits-drac.bnsa.aquitaine.fr/l-aventure-des-fonds/les-hasards-de-la-conservation.aspx

L'aventure des fonds / Les hasards de la conservation

Commandes et destinées diverses

Au cours du Moyen Âge, les commandes de manuscrits ont eu des origines diverses, selon les époques et selon la typologie et les usages de ces manuscrits. Pour la période romane, la majeure partie des commandes et de la production de manuscrits provenait des établissements monastiques. Les ouvrages ainsi produits avaient pour vocation de servir à la tenue de l’office divin, à la pratique quotidienne de la liturgie, à l’enseignement, la lecture et la méditation des moines ainsi qu’à la gestion de la communauté et de ses biens et droits. Jusqu’à une période récente, nombre de ces manuscrits ne quittèrent jamais les monastères dans lesquels ils avaient vus le jour ; ce fut le cas, par exemple, de la Bible de l’abbaye de la Sauve-Majeure. Bon nombre voyagèrent aussi au sein des communautés correspondantes.
Ce type de commandes se prolongea tout au long du Moyen Âge, mais fut concurrencé par de nouveaux types de commandes, répondant aux besoins de nouveaux lectorats. D’une part, les hauts prélats cultivés passèrent commandes pour leur bibliothèque et leur usage personnel. Les fonds manuscrits ainsi constitués furent parfois légués, par ces mêmes prélats à leur mort, aux bibliothèques de leur cathédrale ou à des abbayes desquelles ils se sentaient proches.
D’autre part, les commanditaires laïcs se firent de plus en plus nombreux, souhaitant posséder des manuscrits destinés à leur dévotion privée, à la lecture d’agrément ou à la collection. La traduction de la Bible en langue vernaculaire, le développement de la production littéraire, mais aussi celui des ouvrages liturgiques allèrent de paire avec cette demande croissante. Les manuscrits ainsi créés formèrent pour une part les collections les plus prestigieuses, dont une partie gagna les collections publiques. Une autre part de ce patrimoine, souvent moins illustre, se transmit par héritage, fut perdue, détruite ou vendue. Certains de ces derniers manuscrits entrent parfois encore dans les collections publiques, dans des états de conservation divers. Au sein de notre catalogue, la collection Marcadé se résume, par exemple, à un assemblage de miniatures découpées.
D’autres productions, plus usuelles, plus fonctionnelles constituent un dernier pan du panorama des manuscrits médiévaux. Il s’agit des actes (juridiques, fonciers, notariaux, etc.) et de leurs recueils (les cartulaires), des règlements, des coutumes, mais aussi des ouvrages d’étude et d’enseignement, des traités techniques et scientifiques. La plupart d’entre eux furent conservés dans les établissements, les institutions qui les forgèrent et dont ils constituaient en quelque sorte les archives, les témoignages de leurs droits, etc. Partant, leur destin fut lié à ces institutions. Pour beaucoup, ils entrèrent ainsi dans les collections publiques (Bibliothèques et Archives) sous la Révolution. La nature de certains de ces documents, comme les traités techniques et les manuscrits d’enseignement, les ont conduit également à intégrer les collections publiques, du moins pour ceux ayant été conservés dans les établissements monastiques et dans les collections royales.

Notices

Livre des statuts et des coutumes de la ville d'Agen
Notice manuscrit
Ms AA01 Libourne - F°20 Christ en croix
Notice iconographique
Ms 0740 Bordeaux - F°1v : Dessin
Notice iconographique
Ms AA01 Oloron-Sainte-Marie : Lettrines à cadeaux
Notice iconographique
Ms 0001-1 Bordeaux - F°130v : Lettrine
Notice iconographique
Ms 0042 Agen - F°8 : Vierge à l'Enfant
Notice iconographique
Ms 0171 Périgueux - F°70v : Décor végétal ; Lettrine, bénédiction des encensoirs
Notice iconographique
Obituaire de Sainte-Croix
Notice manuscrit

Albums

ms0042_Agen
msAA01_Libourne
ms1AA1_Oloron-Sainte-Marie
ms0171_Périgueux
ms0001-1_Bordeaux
ms0001-2_Bordeaux

Les absences

Certains des manuscrits entrés dans les collections publiques d’Aquitaine furent créés ailleurs, en France ou à l’étranger ; inversement, au cours du temps, certains manuscrits aquitains ou dont le texte original fut écrit en Aquitaine sont entrés dans des collections publiques nationales ou d’autres régions. Parmi ces derniers, on compte certains manuscrits remarquables, à l’instar du Commentaire de l’Apocalypse de Beatus de Liebana (moine asturien du VIIIe siècle), copié avant 1072 au scriptorium de Saint-Sever (Landes) et plus connu sous le nom de « Beatus de Saint-Sever ». Conservé actuellement à la BnF (ms. Lat. 8878), le manuscrit circula dans plusieurs collections particulières en Vendée à la fin du XVIe siècle, avant d’entrer dans la collection de la famille d’Escoubleau de Sourdis, au XVIIe siècle. En 1769, il était signalé parmi les lots de la vente Louis-Jean Gaignat (n° 93). Il entra finalement à la Bibliothèque royale en 1790.

Liens

Mandragore
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Base de données
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Base de données iconographiques du Département des Manuscrits de la Bibliothèque Nationale de France, Mandragore permet la consultation de plus de 100 000 notices analysant le décor figuré ou aniconique de manuscrits occidentaux ou orientaux datés du vie au xixe siècle. Chacune de ces notices donne la légende, la rubrique, les inscriptions et l’indexation, selon un vocabulaire de 15 000 descripteurs, des éléments figuratifs, mais indique aussi le contenu textuel du manuscrit, le lieu et la date de production, et parfois le nom de l’artiste. La recherche est facilitée par des index normalisés proposés en listes déroulantes. La banque d’images accompagnant les notices, également consultable en ligne, couvrira, à terme, l'ensemble de la base.
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Quelques documents remarquables du catalogue

Le cartulaire de l’abbaye Notre-Dame de la Sauve-Majeure

Ce manuscrit du XIIIe siècle est un cartulaire produit dans le scriptorium de l’abbaye de la Sauve-Majeure, dont il retranscrit les droits et titres. Il y fut conservé jusqu’à la Révolution. Son second propriétaire connu est Alexis Monteil : paléographe, né en 1769, auteur du Traité de matériaux manuscrits dans lequel il fait l’inventaire de nombreuses pièces d’archives. Sensible à la destruction des manuscrits, notamment sous la Révolution, il n’a de cesse d’alerter l’opinion afin que l’Etat procède à la mise en place d’une protection du patrimoine écrit. Le troisième propriétaire, sir Thomas Phillips, a possédé l’une des plus grandes collections de manuscrits au XIXe siècle. Celle-ci fut finalement dispersée en plusieurs ventes ; il semble que ce cartulaire ait été vendu en 1886. Quoi qu’il en soit, c’est en 1894 qu’il entre dans le fonds ancien de la Bibliothèque municipale de Bordeaux.

 

Le livre des statuts et des coutumes de la ville d'Agen

Ce livre fut confectionné dans le troisième quart du XIIIe siècle à l'initiative de la municipalité d’Agen, pour recevoir les serments de fidélité aux consuls et des personnages de marque venant en Agenais. Le Conseil de la ville d’Agen le conserva jusqu’à la Révolution, continuant de le tenir à jour; il contient notamment la liste des jurats de la ville entre 1633 et 1707. Puis, le manuscrit disparut pendant plus d’un siècle. C’est au début du XXe siècle qu’il fut retrouvé par des particuliers, qui le confièrent à la Bibliothèque municipale en 1910. En 1991, il fut déposé aux Archives départementales du Lot-et-Garonne. Finalement, en 2008, il retrouva les collections de la Bibliothèque municipale, où il est encore conservé.

 

Le Livre de la chasse

Le Livre de la chasse rédigé par Gaston Fébus (comte de Foix et vicomte de Béarn) en 1387 connut une fortune importante qui se manifesta notamment par sa copie en de nombreux manuscrits. L’un d’eux est conservé dans les collections de la Bibliothèque du Musée du château de Pau et figure dans notre catalogue. Son premier possesseur connu fut Louis-Auguste de Bourbon (1694-1741). Puis, après avoir appartenu à Louis Gaignat (1697-1768), le manuscrit entra dans une collection privée britannique, avant d’appartenir à Henri Gallice, puis à Marcel Jeanson (1885-1942). Il fut finalement acheté par le Musée national du Château de Pau le 1er mars 1987, lors d’une vente à Monte-Carlo.

 

Questions et conseils

Ce manuscrit de la fin du XIVe siècle a été conçu dans un scriptorium bordelais. L’auteur, Oldradus de Ponte, était un juriste italien. Il enseignait le droit canonique et le droit civil à l’Université de Padoue. Guillaume Serpilli, de Saint-Emilion, y est mentionné comme propriétaire de cet ouvrage ; le premier connu. Son nom apparait également dans une note (folio 168v) avec celui du second possesseur connu, Gérard de Peyrato, au XVe siècle. Cette note nous livre en outre le nom du copiste, Jean de Corssi. Si l’on connaît donc bien le début de la vie de ce manuscrit, il en va tout autrement pour les siècles qui suivirent : il fut redécouvert par hasard en 1867, dans une maison de la rue du Loup à Bordeaux, où il servait… d’appui à une pièce de charpente.

 

Procès de l’Inquisition en Aragon

Ces quarante-six pièces constituent un lot de documents acquis par la ville de Bordeaux vers 1880 et déposés à la Bibliothèque municipale. Il s’agit d’archives de l’Inquisition en Aragon, concernant des procès s’étant tenus entre 1485 et 1492. Au XIIIe siècle, l’équilibre social qui avait prévalu jusque là entre les populations des trois confessions chrétienne, juive et musulmane dans l’ensemble de la péninsule ibérique, fut rompu, aux dépens de la population juive. Mesures discriminatoires et décrets d’expulsion poussèrent ces derniers à choisir entre l’exil et la conversion. En 1391, eut lieu la grande révolte contre les juifs de Séville, sous l’incitation de l’archidiacre Fernan Martinez ; 4000 juifs furent alors tués tandis que les synagogues furent incendiées. Ces manifestations ségrégationnistes se répandirent dans l’ensemble des royaumes de la péninsule, notamment en Aragon. Les conversions de force et les tueries entraînèrent la diaspora du peuple juif ainsi que l’apparition des conversos, juifs convertis, qui continuèrent à pratiquer leurs rites en secret. En 1469, Ferdinand d’Aragon épousa Isabelle de Castille. En 1478, sous l’influence des Rois Catholiques, le pape Sixte IV créa l’Inquisition espagnole, dont le Tribunal entra en service en 1480. S’élança alors une vague de procès pour hérésie et apostasie, dont les juifs et conversos furent les principales victimes. Ce fonds documentaire est donc très précieux pour aider à comprendre cette période complexe.

 

Antiquités du Périgord et Sarladais

Ce manuscrit, conservé à la Bibliothèque Municipale Classée de Périgueux, fut conçu au XVIIIe siècle. Son texte et ses illustrations portent sur l’histoire du Périgord et du Sarladais, du VIIe siècle au début du XVIIIe siècle. Mais, cette chronique fut originellement rédigée par Jean tarde, chanoine de Sarlat et savant, né à La Roque Gageac en 1561. Homme de terrain, qui avait connu les guerres de Religion, il avait été missionné par l’évêque Louis I de Salignac, pour établir l’état du diocèse. Il en composa la cartographie, qui fut imprimée en 1624. Il fit de même pour le diocèse de Cahors, tirant de cette expérience la matière à la rédaction d’un ouvrage sur l’Usage du cadran à aiguille aimantée (la boussole). Rédigeant, dans le même temps, les Chroniques de l’Eglise de Sarlat, il fit œuvre d’historien. Il fut également homme de sciences, mathématicien et astronome. Ainsi, il voyagea, dès 1593, à Rome, y rencontrant certains savants. Puis, l’évêque de Sarlat, Louis II de Salignac, l’emmena dans ses déplacements, au Parlement de Bordeaux, à Rome et à Florence où le chanoine rencontra Galilée, dont il demeura l’un des correspondants. Avec lui, Sarlat, fut ouverte sur le monde savant de l’époque, avec lequel Jean tarde entretenait des relations régulières. Il publia, sous le titre de Borboni Sidera (Astres des Bourbons), ses réflexions et ses découvertes issues de l’observation des taches solaires. Cette somme fut éditée trois fois entre 1620 et 1627. Plusieurs autres de ses recherches furent publiées, notamment des traités de mathématiques.

Ce manuscrit présente deux cartes, un plan de Sarlat et vingt-deux dessins à la plume coloriés à la gouache. Ces derniers représentent des scènes religieuses et historiques ainsi que des édifices laïcs et religieux de Périgueux et de Sarlat. On compte aussi soixante-trois blasons de la noblesse périgourdine. Cette richesse pour l’histoire régionale et plus particulièrement sarladaise, explique que ce manuscrit, bien que n’appartenant pas au Moyen Âge, a été sélectionné pour intégrer le présent catalogue.

Notices

Chartularium minus Cartulaire de l'abbaye Notre-Dame de la Sauve-Majeure
Notice manuscrit
Processus contra Gasparem de La Cavalleria Procès contre Gaspar de La Cavalleriâ
Notice manuscrit
Processus contra Haym Sichel Procès contre Haym Sichel
Notice manuscrit
Processus contra Johannem Degran, Galcerandum Cardons, Johannem Salasa et Francinam, uxorem Joannis Descopanya, notarii Procès contre Jean Degran, Gautier Cardons, Jean Sasala et Francine, femme du notaire Jean Descopanya
Notice manuscrit
Processus contra Petrum Sanchez argentarium Procès contre Pierre Sanchez, banquier
Notice manuscrit
Ms 0100 Périgueux - F°1 : Assomption de la Vierge
Notice iconographique
Ms 6529 Pau - F°3 : Cerf
Notice iconographique
Gaston III (comte de Foix ; 1331-1391)
Ms 6529 Pau - F°8r : Lièvre
Notice iconographique
Gaston III (comte de Foix ; 1331-1391)
Ms 6529 Pau - F°9v : Ours
Notice iconographique
Gaston III (comte de Foix ; 1331-1391)
Ms 6529 Pau - F°10v : Sanglier
Notice iconographique
Gaston III (comte de Foix ; 1331-1391)
Ms 6529 Pau - F°11v : Loup
Notice iconographique
Gaston III (comte de Foix ; 1331-1391)
Ms 6529 Pau - F°13r : Renard
Notice iconographique
Gaston III (comte de Foix ; 1331-1391)
Ms 0404 Bordeaux - F°4v et 5 : Lettrine
Notice iconographique
Ponte, Oldradus de (12..-1335?)
Ms 0042 Agen - F°14 : Trinité ; Lettrine
Notice iconographique
Ms 0042 Agen - F°17v : Transport du blé ; Lettrine
Notice iconographique
Ms 0100 Périgueux - F°4 et 14 : Cartes du Périgord et du Sarladais
Notice iconographique
Tarde, Jean (1561-1636)
Ms 0100 Périgueux - F°15 : Plan de Sarlat
Notice iconographique
Tarde, Jean (1561-1636)
Ms 0100 Périgueux : Ecus armoriés
Notice iconographique
Tarde, Jean (1561-1636)
Ms 0100 Périgueux - F°130v : Eglise paroissiale de Sarlat
Notice iconographique
Tarde, Jean (1561-1636)
Ms 0100 Périgueux - F°174 : Chapelle des Récollets
Notice iconographique
Tarde, Jean (1561-1636)

Albums

ms0042_Agen
ms6529_Pau
ms0100_Périgueux