Manuscrits Médiévaux d’Aquitaine

http://manuscrits-drac.bnsa.aquitaine.fr/la-fabrique-et-l-art-du-livre/introduction.aspx

La fabrique et l'art du livre / Introduction

Introduction

Au cours de l’Antiquité tardive, le support écrit a subi une transformation formelle majeure avec le passage du rouleau (rotulus) ou du diptyque (tablettes de cire) au codex. Il s’agit du livre tel que nous le connaissons encore : un recueil de cahiers, eux-mêmes formés par la pliure d’une ou de plusieurs feuilles, cousus les uns aux autres de façon à obtenir des pages individuelles de même format. Ainsi le codex autorise le feuilletage page à page, à la différence du rouleau (déroulé de façon continue) et il permet de conserver en un volume relativement réduit une quantité importante d’informations, contrairement au diptyque. L’emploi privilégié du parchemin comme matériau constitutif des feuillets permit, en outre, d’assurer une excellente conservation des textes dans le temps.

La combinaison de ces deux innovations techniques marqua un tournant fondamental dans l’histoire du livre et assura au codex de parchemin un essor considérable durant les dix siècles qui ont précédé l’invention et la diffusion de l’imprimerie en Occident. Malgré des pertes immenses, ce sont des milliers de livres manuscrits rédigés sur ce support qui nous sont parvenus.

L’usage croissant du papier, à partir de la fin du XIIIe siècle, doit son succès à des raisons d’ordre économique ; produit selon un mode industriel à partir du XIVe siècle, le papier était bien moins coûteux que le parchemin. Plus solide, plus propice à une bonne conservation et plus prestigieux, le parchemin resta tout de même le support privilégié par les grands collectionneurs jusqu’à la fin du Moyen Âge et même au-delà dans les chancelleries, tandis que le papier fut favorisé pour un usage plus courant, avant d’accompagner à son tour, à la fin du XVe siècle, l’essor d’une nouvelle innovation technique, l’imprimerie, et la diffusion que l’on sait du livre imprimé sur papier.

Ce sont donc, certes, des innovations techniques et leur emploi conjugué qui marquent les grandes étapes de l’histoire du livre au Moyen Âge. Mais, ce sont aussi les usages qui sont faits de ces livres et, par conséquent, les besoins de leurs commanditaires qui permettent de comprendre ces évolutions. En effet, ils accompagnent ces dernières et génèrent la confection et la diffusion de ces ouvrages. Par là même, ils participent également à mettre en lumière les artisans qui ont mit leur art au service du livre, d’abord en transmettant et en réinventant sans cesse un savoir antique, puis en permettant l’enregistrement et la conservation du savoir qui leur était contemporain.